Communiqué : octobre 26, c’est parti pour les manigances !

L’ère Macron se termine enfin, et dans une ambiance explosive. Pour ça, merci aux lycée-nes pour leur offensivité, leur créativité et leur détermination. Vite rejoint par les étudiant.es, ce mouvement de jeunesse est incontrôlable, spontané, puissant, divers dans ses tactiques, en avance sur les organisations du mouvement social et n’appelle qu’à se poursuivre et se renforcer. Il est aussi le résultat d’une casse sociale insupportable, menée méthodiquement par les gouvernements successifs depuis des décennies.

Il faut dire que la jeunesse, en particulier celle des quartiers populaires et des villes périphériques, assiste en première loge aux ravages d’un état néolibéral qui sabote sciemment ses services publics en les sous-
investissant. Locaux délabrés, classes surchargées, manque d’effectifs… Ce n’est pas pour rien que le mouvement a été initié par des élèves de colonies d’outre-mer et de banlieue populaire parisienne.

C’est aussi cette génération qui a dû passer des épreuves de bac et de brevet pendant des vagues de canicule infernales dans des locaux vétustes ce printemps et cet été, et qui a dû sacrifier de précieux moments de vie car confinée pendant le COVID, autre conséquence de la destruction des écosystèmes par les capitalistes.

Comme à son habitude face aux mouvements sociaux, l’État répond par le mépris des revendications et la violence de la répression. Il vient pourtant de franchir un cap. Déployer une telle brutalité contre des jeunes d’à peine 14 à 20 ans en moyenne trahit une peur bleue face à une mobilisation offensive et autonome, qui gagne du terrain au lieu de se laisser pacifier.

Le bilan de la répression policière en deux semaines est comparable, voire pire, que celle exercée contre les Gilets jaunes en 1 an : plusieurs jeunes mutilés par éborgnement, amputation, mâchoire détruite, plus de
7000 arrestations (dont plus de 80% de mineur.es), des poursuites pour plus de 2000 personnes, usage massif de lacrymogènes, tirs de grenades (armes de guerre interdites en Europe sauf pour la police française) et de flashballs, attaques à la voiture bélier, tentative de noyade, passages à tabac, agressions sexuelles, menaces, insultes racistes et sexistes.

La raison d’être de l’institution policière n’a jamais été d’assurer la sécurité de la population, mais de protéger l’ordre bourgeois et colonial. Après s’être entraînées quotidiennement sur les terres colonisées et dans les quartiers populaires, les forces de l’ordre sont
maintenant rodées pour écraser chaque frange de la population qui aurait l’idée de demander des comptes aux classes possédantes.

Sur le long terme, nous considérons que notre sécurité devrait être gérée démocratiquement via des mandats impératifs confiés en assemblée populaire à des habitant-es. En attendant, il est urgent de dissoudre au moins les unités les plus violentes, comme la BAC ou la BRAV-M, et d’arrêter d’arroser la police d’argent public et de matériel pour qu’elle puisse terroriser la population. Même chose pour l’armée qui a vu ses budgets exploser avec notre argent afin de se maintenir dans la course à l’armement, conserver l’influence impérialiste française et n’offrir que la militarisation comme seule porte de sortie à la jeunesse populaire.

Pour accompagner et encourager cette répression, la police peut compter sur un traitement médiatique très complaisant par les chaînes mainstream, toujours plus promptes à laisser dérouler sans contradiction les
représentants de syndicats policiers plutôt que de laisser s’exprimer les revendications lycéennes ; à moins de les recouvrir d’aboiements de chiens de
garde médiatiques, à grands coups de thèses
conspirationnistes sur le pilotage du mouvement par LFI et d’injonctions à condamner les brûleurs de poubelles.

Il est donc logique d’avoir vu sur différents blocus cettesemaine les lycéen.nes indiquer la sortie à des chaînes comme BFM TV ou M6, bien conscient.es de la propension de leurs rédactions à recracher les éléments de langage des préfectures quoiqu’il arrive et salir leurs mobilisations.

La jeunesse a ouvert la brèche, à nous de nous y engouffrer avec elle. Beaucoup n’ont pas attendu pour se rendre sur les blocus et organiser du soutien moral, juridique, médical et alimentaire… Car il est de notre responsabilité de mettre nos moyens et nos capacités à disposition du mouvement.

C’est pourquoi nous appelons toutes les organisations et personnes qui le peuvent à rejoindre, amplifier et renforcer les différentes initiatives organisées autour du 17 octobre. Cette journée marque la commémoration
du massacre du 17 octobre 1961, au cours duquel l’État français et sa police ont noyé des manifestants algériens dans la Seine. Que les centrales syndicales suivent ou pas, l’occasion est trop belle.
À nous d’instaurer un rapport de force suffisant pour d’abord reconquérir ce que la bourgeoisie nous a volé, puis de construire une société où l’on déciderait collectivement des questions, par exemple l’éducation, sans reproduire le système de dressage inégalitaire et violent qu’est actuellement l’école.

Comme les lycéen·nes, organisons-nous et passons à l’Offensive !

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