Dans sa course à la présidence de LR et sa volonté de concurrencer le RN, Bruno Retailleau continue sans surprise sa surenchère autoritaire. Après s’être frontalement attaqué aux droits des étranger·es, c’est désormais sur les supporters de football que la répression s’abat ces dernières semaines.
En commençant par une opération de communication confuse menaçant de dissoudre 5 groupes de supporters, sans distinction entre des ultras stéphanois et les néo-nazis des Strasbourg Offenders, relatant des faits de violence en marge pour appuyer son propos. Finalement, par manque d’éléments, deux groupes resteront concernés : les Magic Fans et les Green Angels de Saint Étienne.
Ces derniers passent ce mardi 1er avril devant la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives pour se défendre contre cette mesure restrictive. Cette commission devra donner un avis sur ces dissolutions au ministère. Mais Retailleau et son cabinet, dans leur élan répressif, indiquent déjà qu’ils n’en resteront pas là.
Ce qui permet cette procédure de dissolution c’est la loi dite “séparatisme”, votée à des fins racistes et islamophobes. Nous alertions déjà à l’époque de sa visée réactionnaire et autoritaire afin de réprimer toutes formes de contestation.
Aujourd’hui cette loi s’avère être l’outil parfait du gouvernement, pour dissoudre toute initiative populaire.
Les tribunes de football sont des espaces d’expression et de résistance face au football business et à ses dérives capitalistes.
Ses acteurs et plus particulièrement les groupes de supporters disposent d’encrages locaux très forts. Ils sont fortement impliqués dans la vie du club et de leur ville à travers diverses initiatives notamment de solidarité mais aussi, dans la vie politique, contraints d’être en première ligne face aux politiques répressives.
Il n’est plus à prouver que les mesures contre les supporters finissent par s’appliquer au plus grand nombre, notamment contre les mouvements sociaux. Nous l’avons vu avec les interdictions ou restrictions de déplacements ou encore avec les interdictions administratives de stade qui ont servi de base aux interdictions individuelles de manifester.
Le récit dominant, ne cesse de réduire ces passionnés
à des individus perturbateurs dépourvus de réflexion. Basse manœuvre politique visant à invisibiliser les initiatives quotidiennes de ces fans, qui créent de véritables spectacles chaque week-end. Ces derniers servant par ailleurs grandement les intérêts capitalistes pour vendre le football français à travers le monde.
L’objectif est avant tout d’effacer les revendications politiques de ces associations. Aujourd’hui, nous déplorons l’absence totale de considération de la part de l’exécutif concernant la gestion des supporters.
Pour autant, ces fans n’ont jamais cessé de faire valoir leurs revendications à travers la défenses de nos droits.
Comprendre ce qu’il se passe dans les tribunes de football, qu’importe la considération que nous avons pour ce sport, c’est avant tout comprendre les enjeux des politiques qui s’appliqueront à notre camp politique et nos organisations demain.
Nous ne sommes évidemment pas dupes de la récupération politique de ce mouvement de solidarité avec les supporters et du fait que certains aimeraient se servir de cette opportunité politique. Nous sommes aussi conscients des composantes fascisantes qui peuvent émerger dans certaines villes quand il est question du football mais l’importance des groupes ultras sur leur territoire est indéniable, ne l’oublions pas.
Nous continuons de nous opposer fermement à toutes formes de discriminations dans le sport comme nous nous opposons fermement aux défenseurs des politiques de renforcement de sanctions individuelles et collectives démesurés pour les fans de football.
Nous nous opposons fermement au football business et son monde capitaliste, considérant le sport comme un vecteur d’émancipation et défendons un sport inclusif au-delà de toute logique du marché.
Solidarité totale avec les supporters qui sont des contre-pouvoirs indispensables à notre société et se retrouvent menacés de dissolution !