Ouvrons les frontières : communiqué à propos de la loi raciste de Darmanin

Rappel des faits 

Le 20 décembre 2023, l’Assemblée Nationale a voté à 349 voix « pour » et 186 « contre », une loi raciste qui dégradera très durement les conditions de vie et l’accès aux soins des personnes étrangères, en plus de discriminer devant le droit les personnes binationales. Après avoir piétiné le refus des député·es d’examiner la loi, Macron a forcé son examen par une commission mixte paritaire d’extrême-droite et de droite extrême. Les trois-quarts des député·es de sa majorité ont fini par donner leur voix à ce texte,  et confirme ce qui se dessine depuis des années : notre pays est gouverné par l’extrême-droite, en proie au fascisme et à un racisme d’État décomplexé, qui s’accentuent de jour en jour. 

Ne nous y méprenons pas : le bloc bourgeois, depuis toujours au pouvoir, n’a pas attendu ce jour pour s’allier aux fascistes. 

Le fruit d’une histoire et d’une construction 

La France est un pays au passé colonial lourd. Après avoir occupé et pillé de façon meurtrière et perverse des dizaines de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie, elle maintient encore aujourd’hui des mécanismes de domination économique et institutionnelle dans ces mêmes pays. Ce passé colonial a des conséquences sur les institutions dont le système juridique et ce texte n’en est qu’une énième illustration.

De nombreux autres aspects de l’histoire de notre pays montrent à quel point ce racisme est ancré.

Rappelons-nous la collaboration active de l’État français, de son antisémitisme, de son armée et de sa police aux crimes des nazis, déportant des dizaines de milliers de juif·ves et de tziganes vers des camps d’extermination. 

Rappelons-nous le contexte de création de la police nationale, par le gouvernement de Pétain en 1941.

Rappelons-nous que la grande majorité de nos politicien·nes “pondérés” et “contre les extrêmes” ont baigné dans la rhétorique nauséabonde qui voudrait que notre pays traverse une crise migratoire, que “nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde” voire que s’opère un “grand remplacement” sans s’inquiéter d’importer les mots et concepts d’extrême-droite dans le débat public.

Cette loi n’est  donc qu‘un des  résultats d’années de rapprochement entre ces auto-proclamés « centristes raisonnables » et l’extrême droite. Depuis 2017, le gouvernement de celui qui se présentait comme seule alternative crédible à Le Pen aura entre autres fait passer la précédente loi asile et immigration, la loi sécurité globale, la loi séparatisme, continué le harcèlement quotidien des réfugié.es à Calais et de la communauté musulmane, criminalisé les opposant.es politiques… 

L’immigration n’est pas le problème de notre société. Elle ne l’a jamais été. La France ne traverse statistiquement pas de crise migratoire. Des dizaines de textes de loi sur l’immigration n’ont jamais rien changé aux problèmes rencontrés par ses habitant·es. Une partie des vagues migratoires que le pays a connu est résulte directement des politiques capitalistes, de l’impérialisme et a pour conséquence l’exploitation de plusieurs générations d’exilé·es jusque maintenant, dans les mines et les usines avant qu’elles soient délocalisées puis dans des contrats précaires de nos jours.

En revanche, la trop longue connivence entre un bloc bourgeois qui défend ses intérêts à n’importe quel prix et un bloc fasciste dont les idées ne font que gagner du terrain a des conséquences bien concrètes sur nos vies.

A quel point cette loi est raciste

Le fruit de cette union mortifère est donc ce texte de loi, raciste et discriminatoire à bien des égards.

Il y avait déjà de quoi avoir honte de la manière dont notre pays accueille les personnes qui arrivent sur son territoire, cette loi institue maintenant la préférence nationale concernant l’accès aux soins et aux aides sociales. Elle livre à l’arbitraire administratif et policier beaucoup plus de cas d’obtention de nationalités et de régularisations pour des personnes ayant des proches, vivant ou travaillant en France. Elle restreint très durement l’accès aux études pour les étudiant·es étranger·ères. Elle institue la déchéance de nationalité pour les personnes binationales accusées de crimes, sur la base du lien que l’extrême-droite  imagine entre criminalité et immigration, et instaure de fait une nouvelle inégalité entre ressortissant.es du même pays.

Conclusion

Oui, cette loi est raciste et discriminatoire. Oui, nous la refusons et nous la combattrons sans relâche dans son application. Il n’y a de “problème migratoire” que parce que le monde est organisé en états nations. Nous proposons de dépasser ce modèle maintenant obsolète en nous organisant localement, au sein de confédérations de communes interdépendantes. Nous prônons une société multiculturelle dont les frontières seraient ouvertes aux personnes, où chacun·e est soigné·e, nourri·e, logé·e selon ses besoins, sans aucun critère d’origine ou de confession. Plus que cela, nous pensons que toute personne résidant ou travaillant, que ce soit depuis un jour ou plusieurs décennies dans une localité, le quartier d’une grande ville ou un village de campagne, doit pouvoir prendre part aux décisions concernant cette localité sur la base de la démocratie directe. C’est notre seule chance de reprendre le contrôle sur notre quotidien et d’endiguer le désastre dans lequel tentent de nous faire plonger capitalistes et fascistes. 

Ouvrons les frontières, stoppons les fascistes, passons à l’offensive !

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