Fourmies 1891 : communiqué commun de l’Offensive et de l’Action Antifasciste NP2C pour le 1er mai 2026

En 1891, dans le Nord-Pas-de-Calais, près de 800 000 ouvrières et ouvriers travaillent 11 à 15 heures par jour, 6 jours sur 7. Ils s’entassent dans des filatures dangereuses et insalubres, au fond des mines de charbon ou dans les usines métallurgiques. Malgré leur travail acharné, ils sont payés une misère, souffrent de la faim et vivent dans le dénuement le plus total.

La majorité des ouvriers de l’industrie de la laine et du coton sont des femmes. Elles sont généralement payées moitié moins que les hommes. Les enfants ne sont pas épargnés : dès 12 ans, on devient galibot ou l’on rentre à l’usine pour n’en sortir que sur son lit de mort.

Pourtant, leur travail produit des richesses incommensurables. Ces ouvriers sont le moteur de la révolution industrielle qui bat son plein.

Les grandes familles bourgeoises, propriétaires de ces usines et de ces mines, amassent des fortunes colossales. Elles bâtissent des empires dont Gérard Mulliez (famille Mulliez-Lestienne) ou encore Bernard Arnault (famille Ferret-Savinel) sont aujourd’hui les héritiers directs.

Le 1er mai 1891, partout dans le monde, la classe ouvrière décide de relever la tête. Fini de subir : l’heure est à l’offensive. Des manifestations s’organisent pour exiger la journée de 8 heures, la dignité au travail et un salaire juste.

Cette date n’a rien d’un hasard. Elle fait écho au 1er mai 1886, jour du lancement par les anarchistes de Chicago d’une grève, là aussi pour la journée de 8 heures, réprimée dans le sang par la police à Haymarket Square, sur ordre du patronat américain.

Le 1er mai 1891, les syndicats du nord, tout juste légalisés, appellent donc à la grève générale. À Fourmies, ville textile, les ouvrières et les ouvriers se mobilisent dès 5 h du matin pour faire le piquet de grève. L’après-midi, plus de 2 000 partent en manifestation dans cette ville de 16 000 habitant·es. Le patronat prend peur. Ses chiens de garde, en uniforme, ouvrent alors le feu sur la foule. En 45 secondes, le carnage est total : 35 personnes sont blessées, et 10 autres deviennent des martyrs de la classe ouvrière.

  • Maria Blondeau, 18 ans
  • Kléber Giloteaux, 19 ans
  • Louise Hublet, 20 ans
  • Ernestine Diot, 17 ans
  • Félicie Tonnelier, 16 ans
  • Charles Leroy, 20 ans
  • Émile Ségaux, 30 ans
  • Gustave Pestiaux, 14 ans
  • Camille Latour, 46 ans
  • Émile Cornaille, 11 ans

Hippolyte Culine et Paul Lafargue (gendre de Karl Marx et auteur de « Le Droit à la paresse », qui sera par la suite élu député de Lille) sont jetés en prison pour avoir organisé la grève.

Plus d’un siècle plus tard, l’ossature de notre société reste tragiquement la même. Les Mulliez, les Arnault et les autres héritiers des assassins de Fourmies possèdent toujours les moyens de production et s’accaparent toujours les richesses produites par notre travail.

Ils utilisent cet argent pour verrouiller leurs privilèges à n’importe quel prix, quitte à rendre la planète inhabitable et à mettre les fascistes au pouvoir.

En mémoire de Maria Blondeau et des martyrs de Fourmies qui n’ont jamais baissé les yeux, nous avons le devoir de nous organiser. Notre but : bâtir enfin une société radicalement égalitaire. Une société où chacun bénéficiera des richesses produites, par les humains comme par les robots, et où les décisions, dans les villes comme dans les usines, les commerces et les bureaux, se prendront sur un principe inaliénable : « 1 personne = 1 voix ».

Sur tous les fronts et par tous les moyens nécessaires, organisons la lutte ! Multiplions les grèves, fondons des coopératives, sabotons les projets mortifères, bâtissons des communes autogérées, créons des médias alternatifs…  ; et – dès que nous serons assez forts – renversons le capitalisme.

Nous n’attendrons pas un siècle de plus : passons à l’Offensive !

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