Depuis plusieurs mois, l’Offensive s’était investie dans l’organisation d’« assises du communalisme », dans le but de faire émerger une force écologiste, libertaire, rationnelle, féministe et de lutte des classes à même de proposer une alternative désirable et crédible au fascisme qui s’impose partout et au capitalisme qui détruit nos vies et la planète.
À notre plus grand regret, nous avons aujourd’hui décidé de nous retirer de l’organisation de cet événement, car ce n’est manifestement pas un objectif partagé par l’ensemble des autres structures organisatrices.
Force est de constater que les enjeux de ces assises et des discussions qui devaient s’ensuivre autour de la création d’une véritable confédération communaliste ont glissé vers des manœuvres électorales et des accords d’appareils entre une partie de ces structures organisatrices.
Contrairement à beaucoup de libertaires, nous ne rejetons pas toute forme d’action électorale. Des élus de terrain contrôlés strictement par les habitant·es via des mandats impératifs et révocables peuvent être une étape transitoire pour renforcer nos luttes et faire avancer nos idées.
Cependant, les élections ne sont qu’un outil parmi beaucoup d’autres. Elles ne peuvent pas être l’alpha et l’oméga de notre action politique et nous refusons qu’un événement portant sur le communalisme en soit aussi imprégné.
À l’écologie « populaire », terme dépolitisant que privilégient les autres organisateurs, nous opposons les bases de l’Écologie Sociale et du communalisme de Murray Bookchin. Notre objectif était clair : débattre de la démocratie directe par les Assemblées Populaires, de la construction d’un double pouvoir face à l’État et au capitalisme, et de la création d’une confédération de communes. Ce projet de rupture, mené en alliance avec les forces révolutionnaires, antifascistes, écologistes radicales et de la gauche de rupture, devait être le cœur de ces assises. Cet horizon a été relégué au second plan.
Nous constatons avec regret que des structures éloignées du communisme libertaire s’apprêtent à occuper le devant de la scène, et qu’une place prépondérante est donnée au personnel politique, au détriment des militant·es de terrain qui construisent au quotidien les embryons coopératifs de la société communaliste à venir. Enfin, nous déplorons l’absence de gouvernance claire et démocratique – pourtant au cœur du projet confédéral du communalisme – et le refus d’ajouter au programme des militants (jugés trop radicaux) et des thématiques que nous proposions et que nous jugions pertinentes pour les objectifs initiaux de ces Assises.
Nous restons convaincus que le communalisme, l’Écologie Sociale et le municipalisme libertaire restent la solution la plus démocratique et égalitaire à même de répondre aux crises écologiques et sociales que nous traversons.
Nous ne baissons pas les bras pour autant. Nous organiserons prochainement un événement d’envergure sur les thèmes du communalisme et de l’écologie sociale, et nous continuerons à œuvrer à l’émergence d’un large front pour battre l’extrême droite en construisant un projet de société désirable, novateur et radical.
L’Offensive









