Notre intervention lors du rassemblement de défense du droit à l’IVG.

Le dimanche 28 septembre à Lille, le Planning Familiale 59 organisait un rassemblement de défense du droit à l’IVG sur la place de la République à Lille.

14 semaines, 12 semaines, 10 semaines de grossesse… Vous avez surement entendu parler de ces délais, ils représentent les limites qui permettent aux européennes d’avorter. Si elles ne sont pas dans les clous, elles sont contraintes de traverser les frontières : la frontière tchèque pour les polonaises, la frontière espagnole pour les portugaises, ou encore la frontière danoise pour les suédoises. Parce que le législateur ne se place pas du côté des femmes, nous devons nous coltiner des déplacements lointains et couteux pour pouvoir bénéficier de conditions salubres d’avortement.

En plus de ces histoires de délais de grossesse pour accéder à l’IVG, il y a en Belgique, en Italie et en Allemagne un autre délai, celui-ci qui oblige les femmes à réfléchir à leur décision d’avorter, véritable humiliation nous considérant comme des êtres immatures dans nos prises de décisions.

Non contents d’utiliser le temps comme un vecteur de coercition, on retrouve toute une armée de volontaires installés dans des centre dits « de conseil » comme c’est le cas en Allemagne. Ces volontaires qui souhaitent nous faire entendre raison, ce sont les collectifs anti-IVG, dans lesquels vous retrouvez, tiens donc, la fondation Caritas, qui est une branche de l’église catholique.

Des collectifs catholiques défenseurs anti-IVG, on en a en France aussi évidemment, comme a Saint-Martin-de-Boscherville, près de Rouen. Pas de centre de conseils qui nous obligent à négocier nos avortements mais un centre d’accueil « Louis et Zélie » pour culpabiliser les normandes qui n’auraient pas pensé, je cite, au regret « éternel » de l’avortement. C’est le retour des lignes traditionnistes dans le diocèse de l’abbé Delavenne.

Vous me direz, tant que ça ne touche pas la sphère politique, ça va. Et bien le député de la 1re circonscription de la Haute-Marne depuis 2022, puis réélu en juillet 2024, c’est Christophe Bentz, connu pour avoir qualifié l’avortement de « génocide de masse ». Alors là pour parler de l’avortement comme un génocide on les entend au RN…

On pourrait croire dans ce combat que toutes les femmes sont nos alliées, mais c’est sans compter sur les habituelles prises de paroles anti-avortement du collectif identitaire Némésis, dont la porte-parole Mathilda a récemment déclaré à propos de la mort du nationaliste pro-Trump et anti-avortement Charlie Kirk : « Charlie est tombé mais nous nous levons ».

Rappelons que le milliardaire catholique intégriste Pierre-Edouard Stérin finance l’union des droites et des extrêmes droites avec son projet PERICLES, qui signifie : Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes, et promet d’investir 150 millions d’euros sur 10 ans pour faire gagner ses idées.

Nous le voyons, ce mouvement global réactionnaire est soutenu par des forces politiques et religieuses, qui cherchent à restreindre l’autonomie des femmes et des minorités de genre. Face à cette régression, la mobilisation est plus que jamais nécessaire.

Nous le disons clairement, comme nous l’avons toujours fait : l’attaque contre nos droits n’est pas le fait de quelques illuminés. Elle est la conséquence directe du système patriarcal dans lequel nous vivons. C’est la même logique qui précarise, qui écrase les plus pauvres, qui nous rend dépendant et dépendantes. C’est la même logique qui veut nous priver de tout contrôle sur nos corps et nos vies.

Pour que La servante Ecarlate reste une fiction basée sur des faits réels et que nos fruits ne soient jamais bénis pour que le seigneur les ouvre, il est temps de passer à l’offensive.

Partager l'article

Rencontre avec Azadî autour de son dernier livre le samedi 24 octobre à 18h30 au Tok’Ici (173 rue des bois blancs, à Lille). Dans son livre, Azadî propose de retracer

Lire la suite »

L’ère Macron se termine enfin, et dans une ambiance explosive. Pour ça, merci aux lycée-nes pour leur offensivité, leur créativité et leur détermination. Vite rejoint par les étudiant.es, ce mouvement

Lire la suite »

Début de la garde à vue La garde à vue (GAV) commence au moment de l’interpellation, mais son régime juridique débute lorsque l’Officier de Police Judiciaire (OPJ) notifie formellement :

Lire la suite »

« Ce que votre lycée appelle l’ordre, nous l’appelons une politique » Des parents d’élèves et membres de l’équipe éducative du lycée Montebello, Lille. Le lycée de nos enfants a

Lire la suite »